Alain (AS) et Sophie (SA)

Publié le par Pataphil

Quand l'occasion se presente on echange des livres. Ces derniers jours j'avais avec moi deux romans americains et un livre dit de spiritualite ecrit par un Indien. C'est un hasard mais les trois traitent, bien sur de facon completement differente, de l'homme en quete de paix.

Dans l'Adieu aux armes, Hemingway fait de son narrateur, un Americain engage dans l'armee italienne pendant la Premiere Guerre Mondiale, un personnage finalement pas vraiment sympathique, parce qu'il s'en sort le plus souvent grace a ses billets a vue, des avances que lui font les banques contre les reglements du grand-pere depuis les USA. Sur le front par esprit aventurier, il obtient, grace a la somme qu'il detient, un visa en Suisse quand ca degenere. Mais plus grave est la lourdeur du style, l'ecrivain n'a jamais du se relire. Bref, une des morales de l'histoire : c'est pas beau la guerre.

Dans le Colosse de Maroussi, Henry Miller parle de lui-meme, certainement son sujet favori. Il s'agit de son sejour en Grece, de la paix interieure qu'il y decouvre quand le monde commence a baigner dans le sang. Dans l'ensemble c'est assez bavard. L'une des morales de l'histoire : en 1941 mieux vaut ignorer ce qui se passe parce que la guerre ca vous fiche le moral en l'air.

Et puis la curiosite m'a entraine vers ce pseudo essai de Krishnamurti, La Flamme de l'attention. En gros, un bon nettoyage de notre conscience individuelle et collective (pour lui c'est a peu pres la meme) et puis, testez vous-meme, on n'aurait plus de conflit. L'auteur traite aussi de la vanite des religions, si seulement il s'en etait tenu a cela.

Mon gout pour la lecture n'ira jamais diminuant. Une fois ecartes certains aspects rebutants on en tire toujours une impression - j'allais dire de voyage. Cette annee qui nous a vu passer tant de temps dans les transports m'a fait decouvrir un autre plaisir, celui de voir defiler les paysages avec un baladeur MP3. Une petite manip' donne acces aux titres les plus ecoutes. Les trois premiers je les connaissais parce que je les ai mis en boucle dans les cars baltes, chinois, d'Amerique Latine, ou encore sur le bateau aux Fidji. Le troisieme c'est I fought in a war de Belle & Sebastian ; la voix et la melodie, la nuit blotti contre le dossier de son siege de bus, ca peut tirer une larme, tout est dit en 3 mn. Le deuxieme c'est Le Pont Mirabeau par Sophie Auster (la fille de Paul) dont la voix et la sensibilite ecrasent la version ratee de Marc Lavoine. Et le vainqueur est : Et si en plus il n'y a personne d'Alain Souchon. Il y a dix ou quinze ans je m'etais passe trois fois a la file Les Cadors et j'avais chope un sacre bourdon qui m'a empeche de recommencer. Mais cette chanson je ne m'en suis prive nulle part, elle me file la peche quel que soit le paysage. Sur la vanite des religions, le "plaisir de zigouiller" tout est la, merci Alain.

Publié dans Apoilsgratteurs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article