Ubud
Par les gamins qui le clamaient dans la rue pour vendre plus de journaux, nous avons appris les ravages d'un nouveau tsunami sur la cote sud de Java. L'epicentre est tres eloigne de Bali, mais comme on n'est jamais trop prudent, nous voila bien a l'abri dans les terres, dans la petite ville qui s'affirme etre le centre culturel de l'ile. La proportion de francophones s'y avere beaucoup plus importante ; decidement les Australiens preferent la cote. Un Francais nous a confie avoir tout largue apres avoir vecu 27 ans dans le 10eme a Paris. Il s'attristait de voir les gens gratter des tickets de loterie dans les cafes sans cultiver d'autres espoirs. Il lui semblait que les cafetiers y laissaient leur ame. L'ancien imprimeur a ouvert une librairie francaise, ou on peut se restaurer et, certains jours, voir un concert. Un festival de musique et de danse folklorique d'un mois vient de debuter sur le terrain de football, ou se rassemble en une grande kermesse la majeure partie de la population, avec des airs de Fete de l'Huma, sauf qu'ici l'entree est gratuite. Dans la rue existent aussi de nombreuses galeries de peinture. Nous avons visite la maison d'Antonio Blanco, peintre philippin excentrique du XXeme siecle, autoproclame le Dali de Bali.
Nous avons pris domicile dans un losmen, construction en bambou divisee en plusieurs chambres equipees de sanitaires, avec terrasses, ici portees vers une riziere. Tout cela pour moins de sept euros, petit dej' somptueux compris. En balinais, le mot paradis n'existe pas. En langue touristique, il se dit Bali. Tout le plaisir consite a se perdre au milieu des rizieres les plus retirees, ou l'on trouvera un atelier de peintre completement isole. Des femmes transportent sur leurs tetes quatre ou cinq parpaings entasses, pour les besoins d'un chantier, et pourtant elles nous saluent avec un grand sourire. Detente Ubud du monde.