L'ile d'Ovalau
Levuka est un bourg de 3000 habitants, dont la principale activite consiste en une usine de thon de 800 personnes, qui distille un air thonique, un peu comme si une boite de thon ouverte a tous les vents avait pris les dimensions de la Maison de la Radio. L'ancienne capitale des Fidji nous interessait pour ses batisses en bois de l'ere coloniale. On a l'impression que rien n'a bouge de l'architecture. Nous avons d'abord sejourne au Royal Hotel qui date des annees 1860, et ou plusieurs grandes salles dans le style de l'epoque permettaient de se poser, alors que la pluie ne cessait de tomber. A l'Ovalau Club, nous nous sommes sentis bien seuls a notre table au milieu d'un espace de danse absolument desert. Le reggae a detrone les vieux airs qu'on imagine jazzy, et depuis notre arrivee aux Fidji, nous faisons une cure de UB40.
Un petit tour en retrait de la ville, vers la montagne, nous a fait decouvrir quelques habitations en tole pour le moins vetustes. Les gamins jouaient avec deux pneus, s'eclaboussant de boue. L'accueil des gens nous a touches, tout le monde dit bonjour, plein de gaiete.
Depuis deux jours, nous dormons dans un bungalow a 5 kms au nord de Levuka et l'ambiance ressemble davantage au refuge que l'on trouve dans un chalet de montagne. Seuls les palmiers, visibles de notre fenetre, nous detrompent. Il faut se rendre a l'evidence, c'est l'hiver. Les guides recommandent cette saison sur la base de statistiques qui enregistrent, d'octobre a avril, une augmentation sensible des temperatures et de la pluviometrie, en realite due a des chutes torrentielles mais de courte duree. Si ce n'est le grand froid, la pluie et le vent sevissent regulierement en juillet et aout.