Vers Futaleufu et la frontiere argentine
Un ferry assure la traversee entre Quellon, au sud de Chiloe, et Chaiten, village encaisse entre l'ocean et la chaine de montagnes, ou il pleut dix mois de l'annee. Sur le bateau Carlos nous offre l'hospitalite chez lui. Il amenage des parcs naturels et travaille en partie sur celui qu'il va ouvrir dans son village natal pour le mois de janvier. Un petit appartement est deja pret et nous sommes ses premiers occupants avec le statut d'invites. Le soir, il nous cuisine merveilleusement du congre. Sa femme est d'origine Mapuche, de la tribu qui a longtemps resiste a la colonisation espagnole. Leurs deux petites filles sont adorables. Ayelen, l'ainee, nous offre un dessin.
Le lendemain nous partons en stop en direction de la frontiere argentine. Tout commence bien parce qu'un Francais nous fait parcourir la moitie du chemin jusque Santa-Lucia, a l'intersection de la carretera australe, qui mene au sud de la Patagonie, et la route transversale qui mene a la frontiere. Mais malgre trois heures d'attente, nous devons nous resigner a dormir sur place dans la petite pension d'un village d'une trentaine de maisons auxquelles s'ajoute une caserne militaire. A l'epicerie du coin, on croise des soldats grimes avec leurs peintures de guerre, ne sont-ils pas des grands enfants ? C'est l'endroit le plus sordide ou l'on ait dormi, le jour et la nuit avec la veille. Sous l'oeil bienveillant de l'icone du Christ, presente dans chaque piece, le type boit, sa mere crache ses poumons, sa femme rit sottement, mais par dessus tout, ils sont antipathiques et pratiquent des tarifs eleves. Nous regrettons de ne pas avoir la tente.
Hier, il nous faut patienter cinq heures au bord de la route, avant que Jose nous avance un peu apres Puerto Ramirez, ou l'on trouve la piste pour Futaleufu, notre objectif pour la journee. Et Ricardo passe par la et fait beaucoup mieux en nous permettant de franchir la frontiere en sa compagnie, le passage ne pouvait etre plus rapide. Il nous depose a Esquel.
Ce soir nous prenons le bus et demain nous aurons peut-etre gagne notre course-contre-la -montre pour voir les baleines avant qu'elles aient toutes quitte la peninsule Valdes sur la cote Atlantique.