Otoh, notre chauffeur pendant 16 jours
Otoh etait surement un prenom predestine pour etre chauffeur. A 30 ans, marie et pere d'un garcon de 11 ans, il entame sa 13eme saison de parcours touristiques sur les pistes du pays. Originaire de Gobi, il a commence comme chauffeur de bus, a appris l'anglais sur le tas, se repere au milieu du no man's land, et la mecanique n'a vraiment aucun secret pour lui. Il est capable de repartir apres une panne dans le desert, au volant de son van achete a l'armee sovietique, un engin suffisamment solide pour passer la ou s'arretent les vehicules japonais. Quand on se frotte aux chaos des pistes, plus du tout entretenues depuis le depart des russes nous dit Otoh, on comprend qu'une petite dose de superstition soit necessaire. Alors, sur la plage avant, trone un bouddha a cote d'un petit tambour tournant, sorte de bobine. A chaque fois que nous longeons un lieu sacre ou que nous abordons un passage difficile, Otoh le fait tourner. Trois tours representent le passe, le present et l'avenir. Le passe pour lui, c'est un dos un peu casse lors d'une partie de lutte a l'age de 12 ans, pendant les fetes du Nadam ou s'organisent des tournois. Le present c'est un metier plus qu'eprouvant pour le dos. Otoh a decide d'aller passer des radios. Le bouddhisme aide surement a dominer la douleur, mais le contact des russes et des touristes occidentaux lui font admettre les bienfaits de la medecine moderne.
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