Terelj
Nos chemins se sont separes de ceux de Vanessa et Frederic, partis en vadrouille dans la nature du parc national, et nous nous sommes contentes de deux jours au village avec balades sur les collines toutes proches. Une jeune mere, le caractere bien trempe, y tient une brasserie. Elle trouve son pays tres beau mais se montre plus sceptique par rapport a ses compatriotes. Elle avoue avoir ete heureuse a Moscou pendant cinq ans. Le soir, alors que nous dinions, nous avons assiste a la reunion de huit femmes, toutes generations confondues. Puis sont entres deux Neo-Zelandais qui nous ont vite invites a nous joindre a eux. Le plus vieux, plutot taciturne, a des airs de Sean Connery et nous raconte, dans son accent assez difficile a decrypter, que ses origines sont francaises, que sa famille a fui pendant la Revolution au nord de l'Angleterre, a la frontiere ecossaise, puis ses parents se sont installes en Nouvelle-Zelande juste apres la Seconde Guerre Mondiale. Les deux comperes ont repondu a une annonce parue dans la presse de leur pays pour un travail de six mois, sur la construction de ce qui devrait etre le plus grand hotel touristique de Mongolie. Le chantier reunit de la main d'oeuvre des deux Coree, celle du Nord donnant l'avantage a l'employeur de payer de tous petits salaires.
Nous ne sommes qu'a 70 kms de la capitale et la route goudronee par laquelle nous sommes venus, represente 60% du reseau asphalte du pays. Cela explique aussi l'existence un peu inattendue d'un golf ! Le village ne depasse quelques centaines d'habitants et semble parfaitement paisible. Pourtant, nos deux compagnons se reservent une biere et denoncent l'alcoolisme ambiant. Dehors, a la faveur du crepuscule, les oiseaux s'agitent, l'un d'entre eux se tape dans la vitre. De jeunes cavaliers, un peu desoeuvres, foncent dans la rue principale. Nos deux amis racontent qu'un meurtre a eu lieu dimanche dernier, crime passionnel ou jalousie et alcool ont atteint des doses explosives.
Nous profitons tout de meme du calme de la journee avant d'affronter le bruit citadin de la Chine.